Cas client

Accident industriel : un panache de fumée, des riverains, une préfecture

Après un accident industriel, l'entreprise ne parle pas seule : le préfet dirige les secours et l'information sur la protection des populations. La gestion de crise consiste à se caler sur la parole publique, à dire ce que le site sait de ses produits, et à rester présent auprès des riverains après le départ des camions de pompiers.

Après un accident industriel, l'entreprise n'est pas le premier porte-parole. C'est la préfecture. L'erreur la plus fréquente consiste à l'oublier, dans un sens comme dans l'autre : se taire, ou parler à sa place.

Le déclencheur : 14 h 20, une explosion dans un atelier

Une explosion suivie d'un incendie touche l'atelier de stockage d'un site chimique classé Seveso, en périphérie d'une ville moyenne. Un panache de fumée noire est visible à plusieurs kilomètres. Deux salariés sont légèrement blessés. Les écoles voisines confinent les élèves.

Un site classé Seveso stocke ou utilise des substances dangereuses au-delà de seuils fixés par la réglementation européenne. Il fait l'objet d'obligations renforcées de prévention et d'information du public.

Les premières minutes appartiennent aux secours. Votre premier réflexe de communication est d'appeler la préfecture, pas de rédiger un communiqué.

Ce que vous vivez

Le directeur du site gère l'intervention avec les pompiers. Le siège, à 300 kilomètres, veut un communiqué dans l'heure. Les chaînes d'information diffusent les images du panache en boucle, sous le bandeau « nuage toxique ». Les parents d'élèves appellent le standard. Personne ne sait encore ce que contient la fumée.

La question que tout le monde pose, « est-ce dangereux ? », est celle à laquelle l'entreprise ne peut pas répondre seule. Les mesures sont faites par les services de l'État.

Le point de bascule

En fin d'après-midi, un élu local déclare à la télévision ne pas avoir été prévenu. Un collectif de riverains rappelle un incident survenu sur le site quelques années plus tôt. Le sujet glisse de l'accident vers la confiance : l'industriel dit-il tout ?

Un accident industriel devient une crise durable quand les riverains ont le sentiment d'apprendre les choses après les autres.

Notre dispositif

  1. Une seule voix sur la sécurité des populations. Quand le préfet déclenche le plan particulier d'intervention, il dirige les secours et l'information sur la protection des populations. L'entreprise aligne ses messages sur les siens, sans les devancer ni les contredire.
  2. Dire ce que le site sait. La nature des produits stockés, les quantités, les fiches de données de sécurité, transmises immédiatement aux services de l'État. Ce que l'industriel sait, il le dit, en le précisant.
  3. Le directeur du site sur place, visible. Pas le siège. Les riverains veulent voir celui qui connaît l'usine.
  4. Les élus prévenus avant la presse. Un appel du directeur du site au maire, dès la première heure.
  5. Une réunion publique dans la semaine. Avec la préfecture, les résultats des mesures et les engagements de l'industriel.
  6. Les salariés informés en premier. Ils sont aussi des riverains, et les premiers interrogés.

Les erreurs que nous faisons éviter

  • Annoncer qu'il n'y a « aucun danger » avant les résultats des mesures officielles.
  • Laisser le siège parler à la place du site. La distance se voit et s'entend.
  • Oublier l'historique du site. Les incidents passés ressortent : mieux vaut les évoquer soi-même.
  • Disparaître après le départ des secours. La crise de confiance commence souvent le lendemain.

Si vous n'êtes pas encore en crise

Votre préfecture, votre maire et vos riverains doivent connaître votre directeur de site avant l'accident. Un exercice de gestion de crise avec les services de l'État et une pression médiatique simulée révèle en deux heures ce qu'un accident révélerait en deux jours. Voir aussi notre approche de la gestion de crise.

À retenir

  • Quand le plan particulier d'intervention est déclenché, le préfet dirige l'information sur la protection des populations.
  • L'industriel transmet tout ce qu'il sait de ses produits, immédiatement.
  • Le directeur du site, pas le siège, est le visage de l'entreprise sur place.
  • La crise de confiance commence après le départ des secours.

Questions fréquentes

Qui communique après un accident industriel ?

Quand le préfet déclenche le plan particulier d'intervention d'un site Seveso, il dirige les secours et l'information sur la protection des populations. L'industriel communique sur ce qui relève de lui, son site, ses produits, ses salariés, ses engagements, en cohérence avec la préfecture.

Que dire aux riverains après un incendie industriel ?

Ce qui est sûr, ce qui est en cours de mesure, les consignes des autorités, et quand ils auront la suite. Les riverains attendent aussi un visage : le directeur du site, présent sur place et disponible lors d'une réunion publique.

Faut-il dire qu'une fumée n'est pas toxique ?

Pas avant les résultats des mesures réalisées par les services de l'État. L'industriel peut dire ce que contenait l'atelier, pas conclure à l'absence de danger à leur place.

Vous vous reconnaissez dans cette situation ? Parlons de votre dispositif. En cas d'urgence, notre astreinte crise répond 24 h/24 au 0800 10 12 20.

Cas rédigé par Laurent Vibert, fondateur de Nitidis.

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* Cas construit à partir de nos interventions. Les détails sont modifiés pour préserver la confidentialité de nos clients.